0

Coaching, psychothérapie, article 21 du Code des professions…

Lucy Van Pelt, psychiatreCette semaine, l’émission J.E. du réseau TVA traitait du coaching de vie. Le grand titre : «Coaching de vie : un coaching coûteux».  Voici ce qu’on peut lire sur le site de TVA : «Les coachs de vie et coach professionnels gagnent en popularité. De plus en plus de gens en consultent pour toutes sortes de problèmes.

Mais, qui sont-ils et respectent-ils la loi 21 qui encadre un traitement psychologique et qui leur interdit de traiter des troubles mentaux comme l’anxiété et la dépression? J.E. a choisi au hasard par le biais d’Internet cinq coachs de vie. (…) Le résultat de notre enquête montre que quatre coachs de vie sur cinq présentent des sérieux éléments pour qu’une enquête sur eux soit déclenchée.»

Vous pouvez voir le reportage ici : http://tva.canoe.ca/emissions/je/reportages/211846.html

Maintenant, que dit exactement l’article 21 du Code des professions du Québec (depuis le 21 juin 2012)?

Psychothérapie : «Un traitement psychologique pour un trouble mental, pour des perturbations comportementales ou pour tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique qui a pour but de favoriser chez le client des changements significatifs dans son fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental, dans son système interpersonnel, dans sa personnalité ou dans son état de santé. Ce traitement va au-delà d’une aide visant à faire face aux difficultés courantes ou d’un rapport de conseils ou de soutien

Coaching : «Le coaching vise l’actualisation du potentiel par le développement de talents, ressources ou habiletés de personnes qui ne sont ni en détresse, ni en souffrance qui expriment des besoins particuliers en matière de réalisations personnelles ou professionnelles.»

Source : site web de l’Ordre des psychologues du Québec.

On trouve d’ailleurs sur ce site une définition de nombreuses autres approches qui ne sont pas de la psychothérapie, par exemple: les rencontres d’accompagnements, l’intervention conjugale et familiale, l’éducation psychologique. Pour en savoir plus, je vous invite à visiter le site de l’Ordre des psychologues.

Selon moi, ce que le reportage de J.E.  met surtout en lumière, c’est la vulnérabilité de certaines personnes. Quelle que soit la profession visée, il y a des gens qui se font malheureusement avoir. Des «dispensateurs de service» à la moralité  et l’éthique élastiques, il en existe dans toutes les professions. La Commission Charbonneau nous le rappelle que trop bien (Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction https://www.ceic.gouv.qc.ca/ ). Cette même commission illustre également le fait que ce n’est pas parce qu’on fait partie d’un Ordre professionnel qu’on est blanc comme neige.

Sauf que…

Vérifier si la personne avec qui on veut faire affaire : 1) a une formation solide et reconnue; 2) fait partie d’une ou de plusieurs associations professionnelles; donnent des balises dans lesquelles le dispensateur de service devrait agir.

Le coaching est relativement nouveau au Québec. Et ce n’est pas un terme réservé. Est-ce que ça devrait l’être? Il y a des pour et des contres.
Est-ce qu’on a besoin d’une formation pour effectuer du coaching? Ça dépend de ce qu’on veut obtenir comme résultats. Le coaching enseigné dans les écoles spécifiques sur le sujet apprend une approche, des techniques, une éthique, une façon de faire.

Je peux décider de me faire offrir un massage par n’importe qui ou je peux choisir un massothérapeute membre de la Fédération québécoise des massothérapeutes. Ça m’appartient comme consommateur. Personnellement, je privilégierais quelqu’un dont la formation et l’expertise sont reconnues. (D’ailleurs, les massothérapeutes sont dans le même combat de reconnaissance de leur profession : https://www.fqm.qc.ca/reconnaissance-de-la-profession )

Ok, certains diront que mon opinion est biaisée (n’est-ce pas toujours le cas des opinions?), je fais partie du conseil d’administration de la Société internationale des coachs en PNL (SICPNL). Je crois fermement à l’encadrement de la profession, tant pour la protection du public que pour la protection des coachs professionnels.

À la SICPNL, nous avons offert aux membres une formation sur l’article 21 du Code des professions. Nous allons offrir une formation  – avec un psychologue coach PNL – sur les balises de l’approche en coaching PNL. Car une grande partie des techniques en PNL sont issues de la thérapie. Voyez-vous la zone grise potentielle? Un petit rappel à propos de la PNL : la Programmation Neuro Linguistique est une approche consacrée à l’étude du comportement humain dans ses dimensions de communication, d’apprentissage et de changement.

C’est une approche qui, au-delà des outils fort utiles et pertinents qu’elle apporte, éloignés de toute pensée magique, est une méthodologie qui permet d’apprendre à apprendre. La PNL est à la base une approche qui s’emploie à ne défendre aucune idéologie et est opposée à toute démarche exclusive et dogmatique.
Elle se concentre donc sur les résultats obtenus (qu’est-ce qui marche ?) et par la suite sur les processus pour obtenir ces résultats (comment cela a-t-il pu marcher?).

Je rêve du jour où les coachs en PNL seront officiellement reconnus pour ce qu’ils offrent comme service, en complément aux autres approches qui existent. Non seulement je crois en l’encadrement de la profession. Je crois également au travail collaboratif, au travail en équipe multidisciplinaire. Et je crois par-dessus tout que l’on doit se soucier en premier lieu du bien-être des gens, peu importe l’approche utilisée.

En attendant, souvenez-vous de ceci : les miracles n’existent pas! Ou, s’ils devaient exister, ils n’arriveraient certainement pas avec une mention «satisfaction garantie en X rencontres ou argent remis»!

Advertisements