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Recette de base pour la motivation

Motivation_Garfield

Internet regorge de recettes. Recette de base pour un gâteau blanc, recette de base pour des biscuits à l’avoine, pour du poulet, du poisson blanc…. Et existe-t-il une recette de base pour se motiver?

Et bien oui!

Cette technique a été assemblée par Robert Dilts et présentée sur son site web (eh oui, vous l’aurez deviné, c’est en anglais! Une chance que je suis là pour vous! ).

Dilts est en programmation neuro-linguisitique depuis les tout débuts de cette approche. Auteur de nombreux livres, on lui doit la PNL de 2e et de 3e générations et ses nombreuses applications en entreprise. C’est une sommité dans le domaine (et je l’adore!).

Donc, voici sa recette de base :

Ingrédients :  de l’imagination, des attentes, des critères, des sous-modalités (je vous explique plus loin de quoi il s’agit) …et un peu de poivre en grains…(NON!…Non? Ah bon!)

Les étapes

1)      Imaginez-vous ayant déjà réussi ou accompli ce que vous voulez faire. Dans cette scène du futur, vous vous imaginez vraiment, vraiment content de vous (ou fier, ou satisfait, etc). L’idée, c’est de vous imaginer dans cette situation future avec un feeling (un ressenti) extrêmement positif;

2)      Prenez conscience de ce que vous ressentez dans cette vision du futur, de ce que vous voyez, vous entendez, vous goûtez, bref, prenez conscience de tout ce que vos sens captent dans cet état de vision du futur;

3)      Ajustez les sous-modalités afin de faire de cette expérience, une expérience encore plus riche. Qu’est-ce que les sous-modalités? Par exemple, qu’est-ce qui se passe avec votre ressenti, votre sentiment de fierté, ou de satisfaction, si vous mettez votre image plus lumineuse? Si vous changez les mots que vous entendez, le ton de la voix, la température (plus chaud, plus frais, etc). Bref, comme vous êtes dans votre imaginaire, vous avez tous les pouvoirs du monde pour ajuster votre vision afin de bonifier au maximum votre feeling. Prenez chacun de vos 5 sens et ajustez ce qui se passe afin de faire vibrer au maximum votre réussite;

4)      Quand tout ça vibre bien comme il le faut, enregistrez dans votre mémoire ce ressenti. Pour vous aider, vous pouvez y associer une image et/ou une couleur et/ou un symbole et/ou un mot, une chanson et/ou un petit geste (on appele ça de l’auto-ancrage);

5)      Quand viendra le temps de faire ce que vous avez à faire pour atteindre votre objectif, repensez au merveilleux feeling que vous avez ressenti à la fin de l’étape 3. Activez ce ressenti avec l’ancre que vous avez choisi à l’étape 4.

Voici un premier exemple, issu de ma vraie vie : faire le ménage (je déteste!). J’ai besoin d’une bonne dose de motivation pour le faire… Ok, ce n’est pas un projet ou un rêve, c’est une corvée. Ça marche pour ça également!

Donc, je fais une vision du futur de la maison toute bien rangée et moi qui suis heureuse et détendue dans cet environnement propre. J’ajuste l’image : je mets plein de soleil, ça sent bon, je respire bien, tout est beau… même le filtre de l’aquarium devient silencieux… Je fais vibrer tout ça en moi. Et c’est bien plus facile de prendre torchon, aspirateur et autre pour accéder à cette vision.

Exemple 2 : aller faire mon entrainement de course à pied. Honnêtement, je crois que je m’entête à faire de la course à pied pour le feeling d’après-course. Je suis vraiment fière de moi quand je reviens!

Donc, quand ça me tente moins de sortir courir, je fais une vision très nette de mon après-course, tout de suite quand j’ai fini. (Mais non! Je ne fais pas une image de moi pleine de sueur, la langue à terre voyons!). Dans cette image, je reviens de ma course où tout s’est vraiment bien passé, je rayonne, ça sent bon le printemps, je me trouve tellement bonne d’être aller courir, etc, etc. Toute cette vision du futur fait vibrer très fort mon sentiment de fierté que Go! J’y vais!

Avec un peu de pratique, votre cerveau est capable de générer rapidement cette vision positive du futur et vous faire accéder à cette motivation tant désirée.

 

Stratégie de base pour la motivation, selon Robert Dilts

Stratégie de base pour la motivation, selon Robert Dilts

Vous avez des questions, des commentaires? Vous avez expérimenté? Exprimez-vous!

PS : Pour ceux et celles que ça intéresse, Robert Dilts donnera une formation à Montréal en avril prochain sur les secrets de l’innovation. Je suis à la recherche d’un mécène pour pouvoir y assiter :p 

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La carte n’est pas le territoire… hein?

Avez-vous déjà pris conscience que pour un même événement vécu, tous les participants ne remarqueront pas les mêmes choses?

Prenons par exemple un fait objectif, une réalité : deux hommes s’embrassent dans la rue.

Qu’est-ce qui fait que la représentation de ce fait soit différente selon les individus, le pays, la culture? Entre vous et moi, je n’ai certainement pas la même interprétation de cette réalité que M. Vladimir Poutine, président de la Russie.

Une des présuppositions essentielles de l’approche en PNL est que « la carte n’est pas le territoire ». Nous emmagasinons les informations  de notre environnement, des événements,  des gens, selon notre propre système de représentation, notre carte du monde.

La représentation interne que nous avons d’un événement extérieur est donc différente de l’événement proprement dit.

Cette notion de «la carte n’est pas le territoire» provient du mathématicien polonais Alfred Korsysbsky (1933) qui a écrit que la perception du monde – le territoire – passait par l’intermédiaire de nos cinq sens : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût. On prend ces stimuli externes pour s’en faire une représentation interne dans notre cerveau, la carte. Nos sens nous bombardent de plus de stimuli que ce que notre conscient peut retenir. Nos filtres travaillent pour retenir ce qui est essentiel pour nous, au moment où ça se passe.

En plus du filtre de nos 5 sens, la réalité passe également par le filtre de nos valeurs, nos croyances, nos souvenirs, notre culture, notre éducation, etc.

Notre vision du monde, notre carte, ce que nous considérons comme NOTRE réalité est donc le résultat de notre machine à filtre. Et nous avons tous notre propre machine. Voici un petit schéma pour illustrer ce propos:

«La carte n'est pas le territoire», un des postulats de la PNL

«La carte n’est pas le territoire», un des postulats de la PNL

Pour Korsysbsky, la plupart des difficultés dans les relations humaines viennent du fait que les gens confondent la carte et le territoire. Nous avons tendance à croire que tous les gens que nous côtoyons utilisent la même machine que nous, donc comprennent la réalité de la même façon que nous.

Korsysbsky va plus loin. Selon lui, cette notion de carte différente du territoire s’applique également aux mots avec les choses qu’ils désignent.

Un autre exemple, que vous pouvez faire avec un ami :

– Quelle définition donnez-vous au mot « amour »?

– Quelle définition votre voisin donne-t-il au  mot « amour »?

– Quelles pourraient être d’autres définitions, selon d’autres cartes du monde?

  • Pour un dépendant affectif?
  • Pour un orphelin?
  • Pour une personne en peine d’amour?
  • Pour un missionnaire?

Et qu’en est-il des notions telles le respect, « je me suis sentie blessée! », et même « ma journée a été effroyable! ». Qu’est-ce que tout ça veut dire au fond, pour la personne?

En PNL, nous disons que chaque personne possède sa propre carte du monde et que c’est à partir de cette carte du monde qu’elle prend ses décisions, son vocabulaire et ses comportements.

Tenter de comprendre la carte du monde de l’autre, en mettant la sienne de côté, est à la base d’une communication harmonieuse et sincère.

Quand on croit que l’autre personne a la même carte que nous, on s’attend à ce qu’elle comprenne exactement ce qu’on veut dire, qu’elle agisse comme on le veut, qu’elle réfléchisse comme nous. Or les cartes du monde sont différentes de la nôtre. Non, les gars et les filles ne pensent pas pareil. Et non, tous les gars ne pensent pas pareil. Et non, toutes les filles ne pensent pas pareil. C’est merveilleux, non?

Les situations de malentendu ou d’incompréhension sont de bonnes occasions pour se poser des questions du type : quelle est ma carte dans cette situation? Et quelle est (ou pourrait) être la carte de l’autre? Quelle est SA réalité?

Et la meilleure façon de le savoir est de poser la question directement à la personne. Avant d’interpréter potentiellement de travers ce que l’autre veut dire, mettez votre carte de côté, soyez tel une page blanche et demandez : « Qu’est-ce que tu veux dire par (…) »

Soyez curieux!

Entraînez-vous à questionner la carte de l’autre, à distinguer ce qui vous appartient et ce qui appartient à l’autre.

Pour les gens en entreprise, amusez-vous avec l’exercice suivant. Demandez quelles sont les valeurs de l’entreprise et qu’est-ce qu’elles signifient pour chacun des participants. Vous pourriez être surpris des réponses!

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Les valeurs que vous avez (en ordre ou en désordre) – partie 2

La semaine dernière, je présentais une étude sur les valeurs universelles. Dans le modèle de  Shalom Schartz, les valeurs sont regroupées de façon à répondre ultimement à 3 besoins (besoin biologique, besoin d’une interaction sociale coordonnée et besoin de survie et de bien-être au sein des groupes).

Le lien existant entre les valeurs et les besoins a été traité par de nombreux auteurs, dont peut-être le plus connu, Abraham Maslow avec sa pyramide des besoins. (Pour ceux qui le souhaitent, le livre Psychologie sociale des valeurs, de Pascal Morchain, traite de nombreux auteurs et théories à ce sujet.  On peut en lire un extrait ici : http://excerpts.numilog.com/books/9782100526161.pdf

Sur le site français Psychologie du travail, la pyramide de Maslow est présentée avec un versant vie privée et un versant vie professionnelle:

 

Dans son livre « Je suis comme je suis : connaissez-vous vraiment vos valeurs personnelles (http://isabellenazare-aga.com/je-suis-comme-je-suis-2008) , Isabelle Nazare-Aga fait une classification des valeurs selon la pyramide de Maslow. En toute logique, nous devrions nous assurer de combler nos valeurs qui sont au bas de la pyramide avant de combler nos valeurs qui sont dans les niveaux supérieurs.

Valeurs ou besoins?

On parle de lien, de continuum, d’enchevêtrement entre ces concepts, bref, ce n’est pas toujours facile de différencier un besoin d’une valeur. Et tous les auteurs ne s’entendent pas sur la liste de ce qu’est une valeur… Pour vous aider dans votre réflexion, le site de l’Université du Québec sur l’éducation à la santé en propose une liste, avec de nombreuses références bibliographiques (http://www.uquebec.ca/edusante/mentale/les_valeurs.htm)

Exemples de valeurs. Source: Éducation en santé, Université du Québec

Exemples de valeurs. Source: Éducation en santé, Université du Québec

À la limite, dans le cadre d’une réflexion de cheminement personnel, que ce soit une valeur ou un besoin, ce n’est pas si grave de mettre le concept dans la bonne catégorie… Au delà des concepts, deux choses méritent notre attention, selon moi. 1) se questionner sur ce qui est important pour nous et comment les sphères de notre vie comblent – ou non – ces valeurs / besoins. 2) Quelle est la hiérarchie de ces valeurs/besoins à ce moment-ci de notre vie.

Retenons que nous avons la plupart de nos valeurs fondamentales très tôt dans notre vie. Ce qui varie avec le temps est beaucoup plus l’ordonnancement de ces valeurs que celles-ci en tant que telle.

 

Une des façons de faire pour identifier nos valeurs est de penser à plusieurs situations où nous nous sentons vraiment bien dans différents environnements (ex : au travail, à la maison, avec les amis, seul). Pour chaque situation, faites la liste des besoins et valeurs que vous comblez lorsque vous êtes bien (ex : sécurité, échange, communication, amour, etc). Demandez-vous, pour chaque situation, s’il n’y a pas un besoin encore plus grand qui est comblé.

Pensez également à des situations où vous ne vous sentez pas bien et demandez-vous quels sont les besoins qui ne sont pas comblés, les valeurs qui sont bafouées. Certains aspects sont plus faciles à identifier quand ils sont dans l’adversité…

Regroupez sur une liste l’ensemble de vos valeurs. Il devrait y avoir des points de convergence entre les deux listes.

Pour les classer en ordre, comparez les 2 par 2 en vous demandant quelle valeur vous préférez. Par exemple, si vous avez les valeurs « paix » et « liberté ». Posez-vous la question : est-ce que je préfère vivre dans un monde où la paix règne au détriment de la liberté ou si je préfère vivre dans un monde libre au détriment de la paix? Ou encore : Est-ce que je préfère être libre même si je ne suis pas en paix? Je sais, ce n’est pas si facile de choisir… Et l’apport d’un coach dans cette démarche peut être la bienvenue (surtout quand il y a des questions que l’on préfère éviter  hi hi hi).

On accorde 1 point à la valeur que l’on place en premier rang pour chaque paire et 0 pour l’autre. À la fin de l’exercice, on fait le décompte et on obtient notre échelle de valeurs.

Pour s’aider à compiler, voici un petit tableau Excel: Echelle valeurs

Maintenant, comment votre milieu de travail est-il en lien avec vos valeurs? S’il y a des écarts, quelles actions concrètes peuvent être faites pour répondre à vos valeurs (donc à vos besoins)? Par exemple, vous venez de prendre conscience que la valeur « liberté » est très importante pour vous. Est-il possible d’avoir un horaire de travail variable? Est-ce satisfaisant pour vous?

Et qu’en est-il de votre vie de couple? Partagez-vous les mêmes valeurs? Respectez-vous la hiérarchie des valeurs de votre conjoint et est-ce réciproque? Quelles sont les zones de compromis acceptables de part et d’autre, s’il y a lieu?

Rappelez-vous : nos valeurs sont à la base de la confiance en soi. Prendre conscience de celles que nous chérissons et les respecter aura une influence positive sur toutes les sphères de notre vie.

Allez à l’encontre de nos valeurs, c’est tenter de nager à contre-courant. Ça peut se faire, sauf que c’est épuisant et on ne sait pas combien de temps on peut tenir. Allez dans le sens de ses valeurs, c’est nager avec le courant : tout coule de source!

Contactez-moi si vous avez besoin d’un coup de pouce pour mettre à jour votre échelle de valeurs. Je possède l’art de la question :p

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Les valeurs que vous avez n’ont rien à voir avec la valeur de votre portefeuille

Je fais du pouce sur ma petite blague de mercredi à propos de Scarlett Johansson qui choisit Sodastream au détriment d’Oxam. À chacun son échelle de valeur, bien entendu.

La question qui se pose est pourquoi est-ce si important de s’attarder à nos valeurs?

En fait, si on considère notre cœur comme étant une forme de moteur qui nous fait avancer, nos valeurs sont le carburant qui fait fonctionner ce cœur. Et plus on connait notre carburant, plus notre moteur fonctionne à plein régime, sans cogner, sans avoir de ratés.

La réflexion sur les valeurs ne date pas d’hier. Aristote, Platon et autres philosophes se sont longuement penchés sur le sujet. D’ailleurs, si la philosophie des valeurs vous intéresse, je vous invite à découvrir Axiologie : le site consacré à l’éthique et la philosophie des valeurs (http://www.axiologie.org/) ou encore le site de René Villemure : éthique, sens, culture, valeurs, société (http://www.ethique.net/index.php/fr/ )

Outre les philosophes, de nombreux penseurs et chercheurs, de différentes disciplines, se sont intéressés au concept des valeurs, que ce soit en psychologie, en sociologie, en éducation, en marketing, etc.  Je vais m’attarder ici aux travaux conduits par Shalom Schwartz et sa théorie sur les valeurs universelles.  Shalom Schwartz est professeur de psychologie sociale à l’Université Hébraïque de Jérusalem.  Il a mené pendant 40 ans des recherches approfondies au sujet des valeurs personnelles et culturelles. Les données obtenues pour valider sa théorie des valeurs universelles ont été recueillies entre 1988 et 2002 dans 233 échantillons de 68 pays appartenant à tous les continents (au total 64 271 personnes). Grosse recherche!

Alors, j’ai cru intéressant de me pencher sur ses conclusions…

Donc, selon M. Schwartz, pourquoi est-ce important de se questionner sur nos valeurs?

Les valeurs sont les convictions que nous considérons comme particulièrement importantes pour nous, celles qui constituent nos repères essentiels, qui nous servent pour effectuer nos choix les plus cruciaux et qui orientent donc pour une large part nos actions et notre comportement. Nos valeurs sont les éléments les plus stables de notre personnalité : C’est le moteur qui nous fait agir et nous donne de l’énergie pour entreprendre. C’est le socle de la confiance en soi.

Wow! Le socle de la confiance en soi! Pensons-y un petit 30 secondes pour se mettre dans cet état de confiance en soi. Pensez spontanément à une des valeurs que vous pensez avoir (respect, liberté, sécurité, amour, etc). Souvenez-vous d’un moment où vous avez pleinement vécu en harmonie avec cette valeur, où cette valeur était à 100% respectée… Que se passe-t-il, physiquement dans votre corps? Remarquez ce qui se passe au niveau de votre cœur (votre moteur). Qu’en est-il de votre feeling de confiance en soi? Votre enracinement?

Lorsque dans une situation quelconque, on se sent « déstabilisés » d’une certaine façon au niveau de notre cœur, qu’on perd nos repères, que ça coince au niveau du thorax, ça peut être intéressant de se poser comme question « quelle est ma valeur qui est présentement bafouée »? Juste comme ça, pour développer ce que j’appelle notre observateur extérieur.

Revenons à la théorie de M. Schwartz. Pour lui, les valeurs ont six caractéristiques principales :

  1. Les valeurs sont des croyances associées de manière indissociable aux affects. 
    C’est ce que je viens d’exposer juste avant. Des sentiments et des ressentis sont attachés aux valeurs et on le sent physiquement quand elles sont respectées ou bafouées.
  2. Les valeurs ont trait à des objectifs désirables qui motivent l’action. 
    Notre petit moteur qui nous pousse dans l’action. Vous vous rappelez dans mon texte sur les objectifs qu’on se donne, quand on se questionne sur « en quoi c’est important pour moi de faire ça ou ça »? Quand on creuse suffisamment, on arrive à nos valeurs, notre moteur…
  3. Les valeurs transcendent les actions et les situations spécifiques.
    Les valeurs, c’est plus que des comportements à adopter. Plus que le code de vie de l’école et le port de la casquette à l’intérieur, disons…
  4. Les valeurs servent d’étalon ou de critères. 
    Elles sont notre guide intérieur pour juger de ce qui est bon ou mauvais, justifié ou illégitime, de ce qui vaut la peine d’être fait ou de ce qui doit être évité en fonction des conséquences possibles pour les valeurs que l’on affectionne
  5. Les valeurs sont classées par ordre d’importance les unes par rapport aux autres. 
    Chaque personne a son échelle de valeurs. Si on reprend l’exemple de Scarlett, sa valeur « sécurité » (ici, c’est une interprétation de ma part pour la notion « argent ») passe avant la valeur quelle rattache à son travail avec Oxam (que se soit « égalité des chances » ou autre…)
  6. L’importance relative de multiples valeurs guide l’action. 
    Nos comportements, nos choix, nos actions sont déterminés par plusieurs valeurs simultanément. Par exemple, m’inscrire à une formation de soir peut exprimer ma valeur de sécurité, d’évolution, etc., et également, se faire au détriment des valeurs reliées aux loisirs et l’hédonisme. C’est ce jeu et cet arbitrage entre nos différentes valeurs (qui peuvent être complémentaires ou rivales) qui guide nos actions.

Toujours selon les travaux de M. Schwartz, l’ensemble des valeurs répond ultimement à 3 besoins :

  • besoin biologique : le besoin sexuel de l’individu peut par exemple être transformé en valeurs telles que l’intimité ou l’amour ;
  • besoin d’une interaction sociale coordonnée : ce type de besoin peut par exemple être transformé en valeurs telles que l’honnêteté ou l’égalité ;
  • besoin de survie et de bien-être au sein des groupes : ce besoin peut par exemple être formé de valeurs  telles que la sécurité nationale ou la paix mondiale.

On met tout ça dans une machine et on arrive à un modèle qui compte 56 valeurs, regroupées en 10 « domaines motivationnels », soient les valeurs de base. Ouf!!! Vous suivez toujours? Si on reprend ça, il existerait seulement 56 valeurs, qui peuvent se regrouper en 10 grandes valeurs de base et ces 10 valeurs de base sont le reflet d’un objectif global (une motivation) et tout ça répond à 3 besoins…

Ok, quelles sont ces 10 valeurs vous demandez-vous?

Et bien, les voici[1]!

1. AUTONOMIE. Objectif : indépendance de la pensée et de l’action – choisir, créer, explorer. Besoins vitaux de contrôle et de maîtrise. Cette valeur de base regroupe les valeurs suivantes : créativité, liberté, choisissant ses propres buts, curieux, indépendant ainsi que [amour propre, intelligent, droit à une vie privée].

2. STIMULATION. Objectif : enthousiasme, nouveauté et défis à relever dans la vie.
Besoin vital de variété et de stimulation ; probablement en relation avec ceux qui sous-tendent les valeurs d’autonomie. (Items associés : une vie variée, une vie passionnante, intrépide).

3. HÉDONISME. Objectif : plaisir ou gratification sensuelle personnelle.
Besoins vitaux de l’être humain et du plaisir associé à leur satisfaction. (Items associés : plaisir, aimant la vie, se faire plaisir)

4. RÉUSSITE. Objectif : le succès personnel obtenu grâce à la manifestation de compétences socialement reconnues. (Items associés : ambitieux, ayant du succès, capable, ayant de l’influence ainsi que [intelligent, amour-propre, reconnaissance sociale])

5. POUVOIR. Objectif : statut social prestigieux, contrôle des ressources et domination des personnes. Les valeurs de pouvoir peuvent découler des aspirations individuelles au contrôle et à la domination. (Items associés : autorité, richesse, pouvoir social ainsi que [préservant mon image publique, reconnaissance sociale]).

6. SÉCURITÉ. Objectif : sûreté, harmonie et stabilité de la société, des relations entre groupes et entre individus, et de soi-même. (Items associés :ordre social, sécurité familiale, sécurité nationale, propre, réciprocité des services rendus ainsi que [en bonne santé, modéré, sentiment d’appartenance]).

7. CONFORMITÉ. Objectif : modération des actions, des goûts, des préférences et des impulsions susceptibles de déstabiliser ou de blesser les autres, ou encore de transgresser les attentes ou les normes sociales.  (Items associés : obéissant, auto-discipliné, politesse, honorant ses parents et les anciens ainsi que [loyal, responsable]).

8. TRADITION. Objectif : respect, engagement et acceptation des coutumes et des idées soutenues par la culture ou la religion auxquelles on se rattache. (Items associés : respect de la tradition, humble, religieux, acceptant ma part dans la vie ainsi que [modéré, vie spirituelle]).

9. BIENVEILLANCE. Objectif : la préservation et l’amélioration du bien-être des personnes avec lesquelles on se trouve fréquemment en contact. Les valeurs de bienveillance proviennent de la nécessité pour le groupe de fonctionner de manière harmonieuse et du besoin d’affiliation de l’individu en tant qu’organisme. (Items associés : secourable, honnête, indulgent, responsable, loyal, amitié vraie, amour adulte ainsi que [sentiment d’appartenance, un sens dans la vie, une vie spirituelle]).

10. UNIVERSALISME. Objectif : compréhension, estime, tolérance et protection du bien-être de tous et de la nature. Les valeurs d’universalisme proviennent du besoin de survie des individus et des groupes. Les valeurs d’universalisme peuvent être divisées en deux sous-catégories, celles qui concernent les êtres humains (y compris les plus éloignés) et celles qui concernent la nature. (Items associés : large d’esprit, justice sociale, égalité, un monde en paix, un monde de beauté, unité avec la nature, sagesse, protégeant l’environnement ainsi que [harmonie intérieure, une vie spirituelle]).

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On retient que nos valeurs peuvent être complémentaires ou opposées; qu’elles peuvent être tournées vers soi ou vers les autres. Et que c’est cette gymnastique qui propulse nos actions, en fonction de la hiérarchie que l’on donne à nos valeurs. Par exemple, un parent monoparental avec 4 enfants peut avoir à la fois la valeur sécurité et la valeur liberté. Pendant que les enfants sont en bas âge, ce parent peut être heureux de travailler comme fonctionnaire, avec un travail routinier. Et il se peut qu’une fois les enfants grands, sa valeur liberté crie au secours pour se faire entendre à son tour, et qu’il décide de changer de travail.

Je traiterai dans un autre texte de différentes façons de faire notre échelle de valeurs. Pour l’instant, je vous invite à faire le test proposé par M. Schwartz pour connaître votre positionnement dans les 10 grandes valeurs de base.( http://valeurs.universelles.free.fr/test.html ). Vous pourrez reporter vos résultats dans cette image tirée du même site où on peut voir les valeurs opposées/complémentaires; tournées vers soi / tournées vers les autres.  Qu’est-ce que ça vous apprend sur vous-même? Votre travail? Vos relations?


[1] Je reprends ici quasi textuellement ce qu’on trouve sur le site de M. Schwartz…